LA VIOLENCE SEXUELLE

 

"T'es juste bonne à baiser!"

"Aussitôt que les policiers étaient partis, il voulait faire l'amour."

"Il refuse de mettre un condom malgré les risques!"

 

La violence sexuelle est peut-être la plus difficile à identifier et à nommer. De toutes les formes de la violence conjugale, c'est celle qu'on a tue le plus longtemps. Est-ce vraiment étonnant? Après tout, jusqu'à 1983, le viol entre conjoints n'existait pas aux termes de la loi! Le "devoir conjugal" - vous vous rappelez les mots de l'Église? - faisait partie des "services" qu'un homme pouvait attendre du mariage. L'Enquête sur la violence envers les conjointes dans les couples québécois, 1998 indique que 124 000 québécoises ont vécu au moins un comportement de violence sexuelle de la part de leur conjoint ou de leur ex-conjoint au cours d'une période de 12 mois.

Quelles formes prend cette violence? L'homme force sa compagne à avoir des rapports sexuels avec lui ou avec d'autres personnes. Il peut aussi l'obliger à avoir des relations à plusieurs. Pendant le rapport sexuel, et sans qu'elle le veuille, il l'attache, lui mord les seins, la pénètre par l'anus, tout en la traitant de putain, de salope, de cochonne, etc. Il l'oblige à porter des vêtements transparents ou d'autres accessoires. Parfois, il la force même à se prostituer.

La violence sexuelle peut aussi revêtir un aspect psychologique. Un homme peut intimider ou humilier sa conjointe en la comparant à d'autres femmes, aux femmes "sex-symbol" des pages couvertures de magazines ou de sites internet pornographiques. Il peut la harceler ou la menacer, implicitement ou explicitement. Il peut l'obliger à regarder du matériel pornographique et l'obliger à faire comme le couple dans le film.

 

La violence sexuelle est celle que les femmes violentées reconnaissent et admettent le moins facilement. Sans doute parce qu'elle ébranle les fondations mêmes des relations hommes/femmes dans une société où la sexualité définit l'essence des conditionnements masculins et féminins. Se faire violer, par exemple, atteint une femme plus profondément dans ce qu'elle est comme femme que se faire casser deux côtes.